Les matins angoissants…

Ça m’arrive parfois…

Je me réveille, seule dans le calme de la nuit qui s’achève, dans l’air frais du jour qui se lève, et je réalise, je ressens même, à quel point je suis minuscule en ce monde si gigantesque.

Et je me sens vulnérable, fragile, apeurée même parfois.

Et dans ces moments là, j’ai l’impression que la chaleur réconfortante d’un homme me ferait du bien, qu’une paire de bras qui m’entoure me donnerait du courage, …

Alors, j’angoisse une demi seconde, comme une droguée en manque rétablissement…

Parce que je suis quand même dépendante affective même si je me soigne…

Alors je prend une grande respiration… Puis une deuxième, et une troisième si nécessaire…

Et même si ça ne sent pas l’homme, que je trouve mon lit bien grand et que j’ai un peu peur de la vie, je la remercie pour cette journée et je me lève pour l’affronter la vivre.

Et elles ne sont pas toutes parfaites, ni magnifiques, ni même agréables, mais elles sont toutes enrichissantes.

Alors je finis par remercier la vie de m’avoir tant appris.

Parce que même si j’angoisse parfois souvent, que mon passé me perturbe encore et que l’avenir m’effraie beaucoup, j’ai appris à profiter du moment présent et c’est ce que je fais, la grande majorité du temps.

Alors j’angoisse moins.

Je finis par me sentir bien.

Même si je n’ai pas d’homme à mes cotés, un avenir incertain devant et des souvenirs traumatisants derrière.

signature madame mystère

cheval mad mystere

Putain de conversation #3

Deux copines au restaurant, l’une est indépendante depuis quelque mois (appelons la Lili), l’autre n’est pas dans le domaine, appelons la Lolo).

Lolo: Et la  »job », ça va, tu tof encore?

Lili: Y faut, j’ai deux dernières dettes à payer, après je met de l’argent de coté pour un mois et j’arrête,

Lolo: Cool, t’as l’air fatiguée, tu fais attention à toi?

Lili: Oui, t’inquiètes pas, c’est parce que je suis menstruée que j’ai l’air fatiguée…

Lolo: T’es menstruée? Tu m’as pas dit que t’avais eu un client cet après-midi?

Lili: Oui…?

Lolo: Ben la… Vu la nature de ta job je pensais tu travaillais pas menstruée… Tu trouves des clients qui s’en foutent?

Lili: Non, je met une éponge, ou un tampax ben creux, ou une capote rouge… Si j’arrête plus que trois jours je réussirai pas à recommencer…

Lolo: Ouin…

Abus sexuel et santé mentale…

Pensez-vous qu’il y a un lien?

Forcément…

Ça rend fou subir un ou des abus…

Ça c’est notre avis, mais bon, c’est pas super objectif ni basé sur une étude très poussée…

Mais on a quand même trouvé quelques pistes de réflexions intéressantes.

Voici quelques extraits d’un texte tiré du site du Réseau Canadien pour la santé des femmes.

Pour lire le texte en entier 

Les personnes ayant rapporté des sévices physiques pendant l’enfance affichent des taux significativement plus élevés de troubles anxieux, de dépendance à l’alcool et de comportements antisociaux. Elles sont aussi plus à risque de présenter au moins un trouble que les personnes qui n’ont pas de tels antécédents.

 

L’Association canadienne pour la santé mentale (Ontario) relève qu’il existe une corrélation importante entre l’expérience de sévices sexuels et le nombre de tentatives de suicide au cours d’une vie; elle est deux fois plus forte chez les femmes que chez les hommes.

 

 

Au Canada, 82 % des femmes qui purgent une peine fédérale ont rapporté avoir subi des sévices sexuels ou physiques par le passé; ce taux atteint 90 % chez les femmes autochtones.

 

La consommation de drogues et les problèmes de santé mentale coexistent fréquemment chez les femmes qui ont connu des épisodes de violence, de traumatisme et de sévices.

 

La relation entre des antécédents de sévices physiques pendant l’enfance et une psychopathologie à vie (maladie mentale ou troubles mentaux) varie donc grandement en fonction du sexe.

—-Il est expliqué plus haut que les femmes auraient davantage tendance à développer des troubles tels que dépression majeure, abus de drogues illicites et dépendances de toutes sortes, ainsi que plus de risque, lorsqu’elles sont exposées à la violence, de développer un état de stress post traumatique que les hommes qui eux, seraient davantage porté à abuser d’alcool.—-

 

Un article de redpsy

La trousse média sur les agressions sexuelles, de l’Institut nationale de santé du Québec

 

Donc voilà, après avoir pris connaissances de ces quelques lectures et discutées deux ou trois minutes, nous avons décidé qu’il y avait bel et bien une corrélation positive entre les abus sexuels et la santé mentale. 

Quelle surprise!

Êtes-vous d’accord avec notre conclusion? Êtes-vous aussi surpris que nous?

 

 

 

Ma lacune…

Je procrastine maladivement.

Surtout en ce qui à trait aux démarches téléphoniques, administratives et autres trucs du genre.

C’est parce que ça me stress.

Alors je repousse le moment.

Jusqu’à ce que je ne puisse plus.

Alors je stress d’être obligée de les faire.

Et je stress de les faire à la dernière minute.

Et je stress d’en avoir plusieurs à faire dans la même journée.

Et je deviens mêlée, anxieuse, confuse, énervée, stressée, paniquée…

Et parfois je craque, je prend la drogue que mon doc m’a prescrit pour me calmer les nerfs.

Et parfois non.

Mais je finis toujours par faire mes démarches.

Et je survie.

Et je me sens mieux.

Mais je recommence. Même en sachant que le mieux est de les faire dès que je sais que je dois les faire.

Certains disent que je souffre de TDHA

D’autres de phobie sociale

D’autre disent que je suis  »administrativement irresponsable ».

Je m’en fous du nom que ça porte.

J’ai juste hâte d’en être venue à bout!!

 

Dors Caroline…

Mes copines et moi avons entre 25 et 35 ans en moyenne, aussi, la plupart d’entre nous avons appris ce qu’était l’exploitation sexuelle grâce à la chanson Dors Caroline, de Johanne Blouin. Étrangement, aucune d’entre nous n’a jamais lancé, en voyant le vidéoclip, quelques chose qui ressemble à  »Oui! Plus tard je veux faire comme elle! Quelle métier fantastique!!!  » Et aucune ne s’est demandé ou on apprenait à être pute… Et aucune n’a même pensé un instant qu’on pouvait  »choisir » de gagner sa vie en vendant son cul… Mais bon… C’est un métier comme un autre, le plus vieux du monde en plus… (J’espère que vous avez relevé le sarcasme…)

 

Pour voir le vidéo cliquez ici

 

 

Julia met son blouson noir
Et va chercher Caroline
C’est le soir sur ces mêmes trottoirs
C’est un hiver à Brooklyn
La voiture passe lentement
Quelqu’un flaire une proie
Julia lui donne un peu de bon temps
Et retourne dans le froid
Caroline ne sort pas ce soir
Elle frissonne dans son lit
Il n’y a pas assez dans le tiroir
Pour sa poudre et son paradis
Elle attend le corps en orage
Julia sa meilleure amie
Qui s’agite dans la rue sauvage
Quelque part à côté de la vie

Dors Caroline
Il neige à Brooklyn
Et les enfants perdus
Ont envahi les rues
D’une ville orpheline
Dors Caroline

Dans la rue il faut du métier
Du sang froid de l’arrogance
Quand on abandonne le quartier
On voyage en ambulance
Julia remet sa chemise
Et prend l’argent qu’on lui doit
Et passant tout près d’une église
Elle se signe de la croix

Dors Caroline
Il neige à Brooklyn
Et les enfants perdus
Ont envahi les rues
D’une ville orpheline
Tu peux dormir Caroline

Caroline se fait des tresses
Comme lorsqu’elle était enfant
Elle se souvient de sa jeunesse
Elle n’a pas encore vingt ans
Pas de pitié, pas de rage
Pas de rêves inassouvis
Pas de cela dans la zone sauvage
Quelque part à côté de la vie

Dors Caroline
Il neige à Brooklyn
Et les enfants perdus
Ont envahi les rues
D’une ville orpheline
Tu peux dormir Caroline

http://www.lyricsmania.com/dors_caroline_lyrics_johanne_blouin.html

Putain de conversation #2

Image

 

Dans un salon de massage qui est ouvert depuis peu, trois filles discutent des  »ententes » avec le patron, appelons le Bob.

La toute nouvelle, qui n’a jamais fait ça et en est à son premier soir. Elle a 18 ans tout juste, un visage jeune et magnifique, un corps ordinaire mais sans défaut… Elle est encore plus jolie sans maquillage que maquillée et elle se trouve géniale à coté des deux autres. Elle est craintive mais elle tente de le cacher, sans trop de succès.

L’habituée, qui travaille dans le milieu depuis longtemps et au salon depuis son ouverture. Elle est grande, mince, blonde, bronzée et a de gros seins refaits… Son âge est difficile à déterminer, entre 25 et 30 ans… Elle est un peu trop maquillée et semble désabusée mais son assurance et son expérience en intimident plus d’uns…

La nouvelle au salon, mais qui travaille à son compte habituellement. Elle doit avoir près de 40 ans mais elle les porte bien. Elle est jolie et son attrait repose sur sa taille minuscule, son élégance et son âge, puisque plusieurs mecs aiment les femmes matures… Elle est légèrement maquillée, juste assez pour dissimuler sa fatigue et faire briller son regard.

 

La toute nouvelle: Alors pour les prix ça fonctionne comment? J’ai pas trop compris…

La nouvelle: Moi non plus… On charge la base au début et ils nous  »tipent » comme ils veulent après?

L’habituée: C’est 30$ pour 30 minutes et 50$ pour une heure, que le client paye en avant quand Bob est là ou qu’on charge quand il n’est pas là…

La toute nouvelle, au patron: T’es pas toujours là???

Bob: Non, j’ai un autre salon à 5 coins de rue, je fais les deux, je peux engager une réceptionniste mais vous allez devoir lui donner 5$ par massage pris sur votre tipe…

La toute nouvelle: C’est plus pour notre sécurité, je pensais qu’il y avait toujours un homme dans la place…

Bob: Si t’es gentille avec le client, il va être gentil avec toi, le pire qui est arrivé depuis que je fais ça c’est des clients qui veulent pas tiper du tout, mais c’est rare, et même si je suis là, ça me concerne pas, je sais pas moi si tu lui a offert un bon service ou non et si tu mérites ou non ton tipes…

La nouvelle: Oui mais c’est ça que je comprends pas là… Le tipe, ça fonctionne comment? C’est le client qui décide? C’est nous? On demande toutes la même chose?

L’habitué: Le mieux c’est de toutes demandé la même chose, moi je demande 30$ pour une branlette, 50$ pour une pipe et 100$ pour un complet…

Les deux autres: QUOI???? 

La nouvelle: Moi comme indépendante je demande mon essence+50$ de base, et pour les extras je vois pendant le massage ce qu’ils veulent et ils décident à la fin combien ça vaut…

L’habituée, à la nouvelle: Tu dois te faire avoir desfois, non?

La nouvelle: Je me donne en maudit et je fais le grand jeu de la séduction et souvent ils me donnent plus que ce que j’aurais osé demander… Je leur fait croire que je fais pas ça souvent et que je choisis mes clients donc s’ils veulent me revoir, ils ont intérêt à être généreux…

L’habituée: Ouin, c’est facile se donner en maudit et jouer un rôle quand t’en a un ou deux par jours, mais ici ça roule là… Et leur faire croire que tu choisis c’est plus possible, ici c’est eux qui choisissent leurs filles…

La nouvelle: C’est un fait, mais je vais essayer ça quand même je pense… Je vais surement avoir un peu moins mais pour pas  gérer la route et  trouver mes clients ça vaut le coup… Surtout que je vais en avoir plus justement… J’espère…

La toute nouvelle: Ouin moi aussi j’aimerais mieux faire ça… De toute façon avec la loi, c’est pas ça le mieux à faire, pas solliciter d’argent directement…?

Bob: C’est sur, bonne idée les filles, faites ça.

L’habituée, bougonneuse: Ouin, chuie pas sur mais bon… De toute façon la loi quand tu te fais pogner dans un salon de massage, tu y goûtes pareil, que tu fasses ou non des complets…

Bob: Si vous laissez pas traîner vos capotes et que vous parlez pas des extras au téléphone, vous devriez pas avoir de troubles.

La toute nouvelle: Merde! J’ai oublié mes capotes!

L’habituée, sur un ton moqueur: T’as pas dit que tu ferais pas de complet tout à l’heure?

La toute nouvelle: Pour les fellations…

Bob: Non, les fellations, c’est sans capote, ça c’est pas discutable… T’es pas obligé d’avaler, mais a moins que le client soit vraiment pleins de boutons ou de plaies, tu suces sans condom.

La toute nouvelle: C’est comme ça partout?

Bob, ferme mais charmeur: Non, y’a des places t’es obligé d’avaler, et de faire des complets. Ici c’est beaucoup plus cool. Tu fais ce que tu veux, mais je veux pas t’entendre chialer que tu fais pas de cash si tu fais pas de complet, hein ma belle? Et il lui lance un clin d’oeil…

La toute nouvelle: Non non, c’est pas mon genre…

 

Ma dépendance en chanson…

Je suis dépendante affective. On est plusieurs à l’être parmi mes amis et amies proches. Peut être qu’on se reconnaît entre dépendant affectifs? Je ne sais pas. Je ne me suis jamais arrêté à la question. Jusqu’à tout récemment, je niais encore ce problème…

Je sais que certaine personne croit que ce concept est ridicule, qu’on ne peut pas être dépendant de quelque chose dont on a fondamentalement besoin, puisque justement, on en a besoin pour vivre.

Mais je sais qu’elles ont tort.

On a besoin de bouffer pour vivre, mais ne pas être bien sans bouffe, ou n’aimer que la bouffe mauvaise pour la santé, c’est être accroc à la bouffe, ou, à tout le moins, avoir une relation malsaine avec la bouffe.

Je suis accroc à l’affection, ou j’ai au moins une relation malsaine avec l’affection.

C’est chiant. Très très chiant.

Surtout en plein sevrage…

Mais bon, ça va passer. Ça fini toujours par passer.

En attendant,  j’ai retrouvé cette chanson là dans mes archives…

Quelle drôle de  »hasard » quand même…

Couvre ta peau, de Guillaume Grand